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    Une corniche peu banale .

     

    Pour situer un peu les choses : on se trouve en Auvergne , à Vic-le-Comte (63)

    Au Moyen-Age , Philippe -Auguste , au terme d'un rude conflit , déposséda les comtes d'Auvergne qui s'étaient alliés aux Plantagenet , de la majeure partie de leurs possessions de Limagne et leur laissa un petit domaine central autour de Vic-le-Comte , qu'on appelle "la Comté ".

    Ils y établirent leur résidence .

    Au XVème siècle , la Comté était en possession de Jean Stuart , cousin des rois d'Ecosse , époux de l'héritière des comtes d'Auvergne .Il transforma l'austère château des comtes en magnifique palais  (dont il ne reste plus rien aujourd'hui ) dans lequel il fit édifier une Sainte Chapelle ,entre 1520 et 1524 , pour abriter des fragments de la couronne d'épines du Christ,  à l'imitation de Saint-Louis qui avait fait ériger également à cet usage  La Sainte-Chapelle . Pour l'intérieur , il fit appel à des artistes florentins et cet édifice est un des plus beaux de la Renaissance en Auvergne  .

    ( Plus tard ,à la mort de Catherine de Médicis , qui était comtesse d'Auvergne ,  la reine Margot hérita de la Comté...)

    Cette Sainte Chapelle est devenue le choeur de l'église paroissiale actuelle .

    A l'extérieur , tout au long de la très haute toiture du choeur , et même de celle du clocher , on peut s'amuser à détailler les détails  la corniche .Les sculpteurs de l'époque y ont déployé toute leur verve : animaux réels ou imaginaires , monstres , feuillages , personnages parfois dans des postures grotesques ...

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     

     

     

    Une corniche peu banale .

     


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    Le village de Montel-de-Gelat (un peu plus de 500 habitants ) accueille chaque année en son église un festival Bach en Combrailles .

    Dans une chapelle de cette église on peut voir une  Mise au Tombeau datant du premier tiers du XVIe siècle .J'ai compté en Auvergne huit  Mises au Tombeau et à part celle de Salers et celle de Moulins  , elles ne sont pas très connues  , c'est pourquoi j'aimerais vous  présenter cs oubliées .

     

    Voici donc celle de Montel-de-Gelat.

    C' est une création de l'école de Chaource , dont la période d'activité a commencé en 1515 .Elle est en pierre peinte .

    Elle frappe  par sa sobriété,  par son intensité sans aucun recours à des effets dramatiques .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    St Jean , la Vierge , Marie-Madeleine .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les premières mises au Tombeau sont apparues au milieu de XIVe siècle et se sont multipliées aux XVe et XVIe .Ce thème , popularisé en Occident avec le retour des Croisades , s'était développé d'abord dans l'enluminure et la peinture murale .

    J'ai eu du mal à faire ces photos à cause de l'éclairage qui est à intensité décroissante .

     

     


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    Près du lac Chambon se trouve un petit village , Chambon-sur -Lac , dont l'église retient aussitôt  l'attention par son tympan du XIIème siècle  qui représente la lapidation de Saint Etienne .

     

     

     

     

     

     

    Le saint reçoit des pierres lancées par les bourreaux et les présente à un ange qui les montre à Dieu (main bénissant ) .

     

     

     

     

     

     

     

    A l'intérieur ( restauré  ) il subsiste  des chapiteaux et  j'aimerais avoir l'explication de certains , dont celui-ci , sachant que toutes ces représentations devaient avoir  un sens bien explicite pour les fidèles .

     

     

     

     

    Dans la pénombre , j'ai beaucoup de mal à faire les photos ...

     

    Les vitraux tout simples ont le charme des églises telles qu'on les imagine dans les romans du terroir ...

     

     

     

     

    Dans le petit  cimetière qui dévale la pente  à l'entrée  du village ,  un édifice garde ses mystères .

     

     

    C'est une chapelle sépulchrale des Xème/XIème siècles , percée de trois petites fenêtres .

    On l'a longtemps appelée "baptistère" parce qu'on a trouvé à côté une petite cuve ( baptismale ?) en bronze .

    Etait-ce  en fait un édifice sépulchral où étaient inhumés les seigneurs de Murol dont le château est  à quelques kilomètres ?

     

     

     

    Il y a des chapiteaux à l'intérieur et aussi à l'extérieur sur les colonnettes qui encadrent les fenêtres . Or certains sont énigmatiques ,dont celui-ci , à l'intérieur -qui est sombre à certaines heures de la journée ...

     

     

     

    Voici un passage du Guide de l'Auvergne Mystérieuse (Tchou éd ) le concernant :

    "On voit un homme nu couché sur un lit tandis que tout autour d'autres personnages semblent lui porter le plus grand intérêt.On a parlé d'une circoncision ou de martyre d'un saint .On y a vu la représentation d'une scène de médecine traditionnelle , de reboutage ou de magie ; le martelage du ventre était une pratique en usage autrefois dans les campagnes :les forgerons de village soignaient ainsi certains maux comme les hernies irréductibles .

    Selon le Dr Cany , il s'agirait de la représentation d'une cérémonie de castration rituelle rigoureusement païenne :la consécration d'un Galle ou prêtre de Cybèle .En effet , l'un des deux cérémoniaires vêtu à l'orientale , porte sur sa poitrine le prosthètidion ,insigne du culte de Cybèle...Enfin , la forme de la chapelle rappelle celle des sanctuaires de la déesse Terre et le sanctuaire est dénué de tout signe chrétien : la croix d'antéfixe du narthex est moderne  ".

    Cependant on note à l'intérieur la présence de deux chapiteaux que l'on retrouve dans toutes les églises romanes d'Auvergne ...

     

     

     

     

    Certes, leurs motifs se retrouvent déjà dans l'art gallo-romain avec une autre signification .

    La démonstration s'appuie aussi sur un  autre chapiteau extérieur  que j'avoue ne pas avoir identifié : deux  personnages seraient des dendrophores (prêtres de Cybèle portant solennellement un pin coupé symbolisant le corps d'Attis ) avec en main  des rameaux de pin .

     On verrait aussi quelque part sur un chapiteau extérieur  Attis sous un pin ...

    Mais sur des colonnettes extérieures   , on relève tout de même des thèmes bien classiques des églises romanes auvergnates .

     

     

    La sirène ...

     

     

    L'homme qui tire la langue .

    J'espère ne vous avoir pas trop ennuyés avec ce petit remue-méninges ...

     

     

     

     

     

     

     

     


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    A une trentaine de km au sud-est de Clermont- F errand , ce tout  petit village de Pignols  (326 habitants ) que  vous avez vu  dans l' article précédent possède une église qu'on distingue à peine des  maisons car elle n'a plus de clocher . Les rues sont pentues et il faut encore grimper quelque marches pour y accéder .

    Ce fut pour moi une découverte fortuite  à l'occasion des Journées du Patrimoine il y a deux ans . C'est J.P Longin , un artiste plasticien , un amoureux passionné des  édifices religieux clunisiens de Bourgogne , qui en faisait la présentation et il déployait  une telle érudition et un tel enthousiasme qu'il aurait intéressé les plus réfractaires .

    Il a évoqué toutes les questions   que soulève pour les curieux cet édifice dont la toute première origine remonte sans doute au  XIème siècle , mais qui a été remanié du XIIe au XVIe  siècles . Qu'est-ce qui a motivé les modifications ,  comment interpréter ses  étonnantes peintures murales découvertes en 1987  alors qu'elles étaient masquées par des  couches de badigeon ?  Cet édifice est classé depuis 1993.

    Le porche par lequel nous y pénétrons  est tout simple mais en le regardant , les fidèles des  siècles passés , habitués à lire dans la décoration des églises comme nous  dans les livres  ,  comprenaient qu'ils entraient dans le domaine de la Parole .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    Sitôt la porte franchie , on est stupéfait ...On a sous les yeux 80m²de peintures murales .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

      

     

    Sur la voûte , un Christ en majesté comme on en voit peu : abondante chevelure blonde ,  moustaches à la Gauloise, léger strabisme , visage empreint d'une gravité pensive et triste qui le rend très touchant  .Ce qui est très étonnant, c'est qu'il il bénit de la main ... gauche ( par le même geste il désigne le Livre)

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    De part et d'autre sont figurés les Evangélistes .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

    L'aigle de Jean.

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     L'Homme (Matthieu ) émerge des nuages ...

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     Le taureau de Luc

     

    Le lion de Marc est presque totalement effacé . 

    On voit eux rangées d'apôtres qui se font face  , au dessin très différent

     

    Au nord , six apôtres aux attitudes différenciées qui semblent se diriger sur le côté .Saint-Pierre est à droite .

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

    Au sud , des apôtres bien alignés ,une décoration moins soignée .

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    En-dessous le dessin est différent aussi.

    Au Nord , semis de petites fleurs toutes simples 

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

    Au Sud , beaucoup plus de recherche .

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    Des artistes différents ont peint ces deux séries et en même temps , comme s'il y avait eu nécessité d'aller vite .Attendu qu'on a découvert un caveau sous ce qui fut le clocher , on a émis l'hypothèse que l'édifice ait fait office de mausolée , peut-être destiné au personnage mitré qu'on découvre un peu plus loin .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    Et il en  existe un aussi à l'entrée de l'édifice .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

    Autre interrogation : qui est le 13e personnage parmi les apôtres , plus petit , à longue chevelure ? Est-ce Marie-Madeleine, à qui l'église est dédiée ?

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    Dans le choeur  , les peintures sont du XVIe siècle .deux dames se font face .Chacune a une auréole et tient une palme , symbole de victoire , de part et d'autre de la croix vide dont il ne reste que les clous : peut-être Marie- Madeleine qui tient un flacon d'onguent ou de parfum , mais qui est l'autre ? Une personnification de l'Eglise si ce sont des grenades qu'elle a dans les mains , fruit symbole de la perfection ?

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    Décoration de l'oculus 

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

    L'église de Pignols et ses mystères .

     

     

     

     

      

     

     

     


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    La Rencontre des Trois Morts et des 3 Vifs est un thème qui s'est popularisé aux 14ème et 15ème siècles .

    Il en existe des versions littéraires, comme le Dit de Nicolas de Margival (fin 13ème siècle) , dont la morale s'énonce ainsi ; "Menons la vie qui plaît à Dieu , gardons-nous d'aller en enfer , sachons que la mort nous saisira aussi et prions N-D , à l'heure de la mort , d'être près de son fils ."

    On est là beaucoup plus proche des Pensées de Blaise Pascal , que du simple "Carpe diem " !

    On a dénombré en France 93 représentations de ce thème sous forme de peintures murales . Elles varient légèrement avec le temps .

    Au départ , les vivants étaient à pied , puis ce furent des cavaliers , riches seigneurs accompagnés de chiens et de faucons , équipage qui souligne  la toute-puissance de la mort , qui sera là pour le puissant comme pour le manant .

    La croix sépare les deux groupes .

    Voici une version de ce thème dans la Collégiale Sainte Victoire et Sainte-Couronne à Ennezat ( 63 ) qui date de 1420 .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut , une inscription indique le nom du donateur et la date .

    En bas , un poème de 6 quatrains explicite  l'oeuvre .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut à gauche on distingue un château...

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut à gauche , la cabane qui sert de sépulture aux trois morts.

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    L'ambiance est peint avec beaucoup de vigueur : les chevaux se cabrent ,  le faucon s'est envolé ,  effrayé , les chiens montrent les crocs ou se sauvent ; le lapin est transi d'effroi ...

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    L'élégant  cavalier le plus poche de l'apparition a un geste de recul...

     


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    La Vierge à l'Oiseau (RIom 63 )

     

     

    Les Riomois sont très attachés à cette statue du XIVème siècle qu'on peut voir à l'église du Marthuret et qu'ils avaient  réussi à préserver des vandales lors de la Terreur (c'est la corporation des bouchers qui l'avait mise  en lieu sûr !)

    En pierre polychrome , est probablement l'oeuvre d'un artiste de l'entourage de Jean de Berry ( qui avait reçu Riom en apanage et y avait fait construire un château dont il ne reste que la chapelle ) . 

    Mais  la légende raconte que c'est un prisonnier qui l'avait sculptée au cours de sa longue détention pour tromper le temps  en attendant son exécution . Lorsque ce jour funeste arriva , elle n'était pas encore terminée mais elle était déjà si belle qu'on lui accorda un délai pour finir de la sculpter . Et il se trouve que  pendant ce délai  on découvrit le véritable coupable et que l'artiste  échappa à la mort !

     

     

     

     

     

     

     

    Ce thème de la Vierge à l'Oiseau est tiré d'une légende relatée par un évangile apocryphe .

    L'enfant Jésus jouait à façonner des oiseaux avec de la glaise et lorsqu'il soufflait dessus , ils s'envolaient ...L'un d'eux se posa sur l'épaule de la Vierge Jésus voulut l'attraper et l'oiseau  lui saisit le doigt avec son bec ce qui fit sourire  sa mère qui savait très bien que l'oiseau ne lui ferait aucun mal ...

     

     

     

     

    Une  copie de la statue se trouve aussi à l'entrée de l'église .

     

     

    La Vierge à l'Oiseau (RIom 63 )

     

     

     

     

     


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