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    Le petit village de Grandeyrolles ( 63 ) se situe à 3 km de Montaigut - le - Blanc qui escalade gaillardement la pente  vers  son château  , dans un environnement plutôt escarpé où il fait bon faire de belles  randonnées pédestres jalonnées de ravins et de promontoires

     

     

     

      

     

    Nous sommes là dans ce que les géographes appellent " les pays coupés ", entre la Limagne et laChaîne des Puys .

    L'église Saint-Loup ,d'architecture romane ,en dépit de son grand âge - elle date de la fin du XIème siècle - veille encore sur la soixantaine d'habitants  de Grandeyrolles .

     

     

     

     

     

    Une petite église de campagne .

     

     

     

     

     

    Le  clocher à peigne , le  beau toit de lauzes dominent un vaste paysage...

     

     

    Une petite église de campagne .

     

     

     

    Une petite église de campagne .

     


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    Les villages auxquels sont attachés des légendes sont attirants  et  il est plaisant de fureter pour en découvrir ...

     Saint-Hilaire -la-Croix (63) , dans les Combrailles , est un de ceux-là .

    Il s'appelle ainsi par déformation au cours des siècles de son  véritable nom : Saint-Hilaire -Lac -Rouge , devenu Lac Roy , puis La Croix 

    Le lac non loin duquel se dressent le   prieuré et son église est alimenté par un ruisseau  qui ,raconte-t-on , au moment des invasions des Huns vit se dérouler à ses abords une sanglante bataille entre chrétiens conduits par Saint Hilaire et barbares  , si violentes que les eaux charrièrent des flots de sang qui colorèrent  de rouge  ses eaux en contrebas .

     

     

     

    De fait , un document en latin datant de 1128 décrit ainsi la fondation du prieuré :"Il y avait un lieu appelé Lacus Rubei -Lac Rouge - à cause qu'autrefois les voleurs y tuaient beaucoup de chrétiens et rougissaient ce lieu de leur sang.Pour empescher ces meurtres et volleries qui se faisaient en ce lieu , deux hommes de piété y firent bâtir un hospital pour soulager les pauvres et s'y retirèrent ."

    Par la suite , deux prêtres vinrent séjourner dans cet hôpital pour vivre éloignés du monde et bâtir une chapelle en l'honneur de Sainte Madeleine.

    Au XIIème siècle des donations pieuses affluèrent , le prieuré se développa , une église fut construite , encore agrandie au début du XIIIème siècle .

    Je vous passerai l'histoire de ce prieuré  : il se maintint jusqu'à la Révolution qui mit fin à son existence .

     

     

     

     Le portail Nord est remarquable :deux piliers cannelés  , six colonnes , deux piliers engagés , le tout  surmonté de chapiteaux ; tympan polylobé .

     

     

    Même les espaces entre les arcs ( écoinçons ) ont été sculptés de têtes d'animaux aujourd'hui érodées .

     

     

    L'archivolte est sculpté de palmettes et de sept personnages . 

     

     

    Un être bizarre et ricanant saisit des rinceaux .

     

     

    On peut remarquer  les grandes goules , monstres avaleurs de colonnes ( d'où l'appellation "colonnes engoulées " ) qui encadrent la porte . 

     

     

     Ces goules ( personnages mythiques qui s'attaquaient aux voyageurs et donc aux pèlerins ) pourraient figurer les dangers qui guettent chaque fidèle qui a son rôle à jouer en tant que pilier de l'institution ecclésiastique mais s'il n'y prend pas garde , il peut cacher un monstre dangereux pour lui et pour les autres.

     

    D'autres monstres sont là pour figurer les tentations malines .

    Deux basilics ,  créatures diaboliques au corps de coqs et à queue de serpent ,nés de l'oeuf...d'un coq et couvés par un crapaud , ont été vomis par des masques qui tirent la langue : probablement figuration de la parole dont il faut se méfier car ce peut être la meilleure comme la pire des choses !

     

     

    Sirènes ailées . Résister à leur séduction n'est pas chose aisée .

     

     

    Dragons crachant des rinceaux..

     

     

     

     

    La porte sud  offre un tout autre décor .

     

    La scène représente le repas de Jésus chez Simon le Pharisien .Marie-Madeleine est allongée au pied de la table et tient les pieds de Jésus dans ses mains .On remarque la naïveté charmante de la scène (manque de perspective .)

    Dans le prolongement du prieuré se trouvent les bâtiments de vie collective des religieux , modifiés à de nombreuse reprises au cours des siècles .

     

     

     

     

    Sous son grand toit en tuiles , ce bâtiment abrite maintenant la mairie .

     

     

    Les dépendances . 

     

    L'intérieur de l'église se visite à la belle saison .


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    La commune de La Bourboule n'était à la fin du XIXème siècle qu'un petit village dépendant de la commune de Murat -le-Quaire ,mais le développement des activités thermales entraina pour elle un essor considérable et il devint nécessaire d'y bâtir une église . Elle fut édifiée entre 1885 et 1888 au bord de la Dordogne , en lave blanche et divers matériaux volcaniques , sur le modèle des églises romanes d'Auvergne .

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

     

    50 ans après sa construction , en 1941 ,un artiste fut sollicité pour sculpter les chapiteaux : Henri Charlier (1883-1975) , artiste d'une grande culture biblique et théologique .

    C'était un ami de l'écrivain auvergnat Henri Pourrat . D'abord athée ( fils de franc-maçon ) , il s'était converti à l'âge de 30 ans sous l'influence de Charles Péguy qu'il avait rencontré dans les salons littéraires que fréquentait son épouse .

    Il réalisa là , dans la pierre très dure que constitue la lave du Mont-Dore , son premier grand ensemble de sculptures .Il en fit beaucouop  d'autres plus tard , tant en France que dans le monde entier, notamment au Canada .

    Il sculpta donc les 4 faces des 12 chapiteaux historiés de la nef  .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St Joseph de la Bourboule .

     

    Histoire de Joseph 

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Joseph et le pharaon .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Le mariage de Joseph 

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule . 

    Le songe de Joseph .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    L'arrivée à  Bethléem

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    La naissance de Jésus .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Le retour d'Egypte .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    L'atelier de Nazareth ;

     

    Thèmes divers :

     L'évocation de la nature et de la Création

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    L'été .

     

     Les Evangélistes :

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Luc , symbolisé par la tête de boeuf . 

     

    Le combat spirituel et les choix à faire :

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Le serpent du mal , maîtrisé par la croix .

     

    Le Jugement Dernier .

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

    Un archange souffle dans une trompette .

     

     

    Il sculpta aussi les 8 chapiteaux du choeur consacrés à l'Eucharistie , et tous les petits chapiteaux situés près de la voûte :un prodigieux travail .

    Il était  difficile de photographier les  chapiteaux du choeur à cause d'une sorte de dais installé peut-être pour célébrer l'année de la Miséricorde .

     

     

    Les chapiteaux de l'Eglise St joseph de la Bourboule .

     

     

     

    Ce sera pour une prochaine fois peut-être ...

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    Le village de Ris se situe au Nord-est du Puy-de- Dôme .

    Son église Sainte Agathe était celle d'un prieuré rattaché à l'abbaye de Cluny .C'est une des plus anciennes d'Auvergne .D'inspiraion carolingienne , elle fut construite entre 979 et 985 . C'est un exemple des premiers essais de voûtes  en pierre ( sa nef est haute et étroite ) .

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

     

    Elle a conservé des peintures , sur les piliers de la nef notamment , et qui avaient été dissimulées sous d'affreux badigeons .On les a redécouvertes entre 1880 et 1960 et probablement que d'autres sont encore cachées  et (ou) trop détériorées .

    Ces peintures étaient destinées à embellir mais aussi à enseigner l'Histoire Sainte.

    On les a datées en s'appuyant sur les détails de l'habillement et de l'armement . 

    On estime qu'il y a là des oeuvres de 3 peintres d'époques et de styles différents .

    Voici celles qui sont le mieux conservées .

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Le martyre de Sainte Agathe .Fin XVème siècle .

    Deux bourreaux au visage sévère et déterminé , armés de pinces à feu et s'acharnant sur les seins d'Agathe .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Lapidation de saint Etienne . XVème siècle .

    Etienne est agenouillé .Le bourreau a la cotte relevée et contenant des pierres .Impression de mouvement :2 pierres en équilibre sur son épaule .Réalisme :sang qui dégouline des pierres .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Visitation . XVème siècle .

    La Vierge accueillie par sa cousine Elisabeth ;Visages doux , gestes tendres ; Vêtements presque transparents évoquant les tissus de l'époque byzantine .Plis presque droits .Traits bruns entourant les personnages , gamme restreinte de couleurs chaudes .Double arc jaune attirant l'oeil vers les saintes .Visages traités par des traits .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Saint Pierre  .  XVème siècle .

    Abondants détails sur les habits sacerdotaux de l'époque .Visage traité par des lignes . Aspect étiré en hauteur .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Sainte Marguerite et le dragon .

    Dragon ailé , avec des pattes de coq .

    Illusion maladroite de perspective , avec le carrelage rouge . Fleurs stylisées .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Saint Michel terrassant le dragon .

    Cette fresque est sur le mur intérieur sud ( bas-côté) mais des barrières de sécurité empêchent de s'approcher , les voûtes étant très endommagées  .

     

     

     

    Fresques dev l'église de Ris (63 )

    Cavalier au cerf  . XIIème siècle .

     

     

     

     

     

     

     


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    Nicolas Greschny  (1912-1985) , dont le père était à la fois pope et peintre ,est né à Tallin (Estonie) d'une famille de peintres d'icônes depuis le XVe siècle  - un de ses ancêtres a orné la cathédrale de Smolensk )

    La révolution russe avait obligé la famille à se réfugier en Allemagne .

    A cause de ses activités de résistant au régime nazi , Nicolas dut s'enfuir  en Autriche puis en plusieurs pays et  pour finir, en  France  Après bien des vicissitudes (on commença par l'arrêter comme apatride parlant allemand ) il trouva refuge  à Toulouse  . Lui qui avait fait des études d'art  y poursuivit aussi les étude de théologie  qu'il avait déjà entamées en Belgique , tout en intégrant  un mouvement de résistants Figurant sur la liste noire des nazis , il fut un temps interné en camp de concentration .Evadé , il survécut en  peignant dans les églises .En 1945 , le vicaire général d'Albi l'encouragea et lui ouvrit de nombreuses paroisses des environs .

    Il s'installa plus tard à La Mauriné le Tarn . Son fils y perpétue la tradition familiale

    cf  www.nicolaigreschny.net?page_id=11

    Nicolaï Greschny devint l'un des plus prestigieux fresquistes contemporains et nous a laissé environ 10000 m² de fresques , principalement dans le sud-ouest de la France .

    Dans la petite ville thermale de Châtel-Guyon (63) , il a orné toutes les voûtes de l'église Sainte Anne

    ( (qui ne date que 1845 ) soit 900m² de fresques , en 60 jours et ce , par un hiver très rigoureux ...

    J'ai essayé de photographier quelques  unes des scènes qui nous sont offertes .

     

     

    La Divine Sagesse (Marie ) et la création du monde .

     

     

     

    La création d'Adam et Eve .

     

     

     

     

     

     

    Adam et Eve : le péché .

     

     

     

    Les cavaliers de l'Apocalypse .

     

     

     

     

    Saint Michel et le dragon .

     

     

     

     

     

    Le couronnement de Marie

     

     

     

    Le dernier repas du Christ

     

     

     

    La Trinité .

     

     

     

     

     

     


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    Les Journées du patrimoine étaient l'occasion de visiter de nombreuses petites églises romanes qui sont fermées dans le courant de l'année et d'avoir parfois la chance de profiter  des explications fournies par des personnes compétentes et passionnées .

    Ce fut le cas pour la petite église de Mailhat , hameau de la commune de Lamontgie ( à une dizaine de km au sud-ouest d'Issoire  - 63 ) 

     

     

    Notre Dame de Maihat  date de la fin du XIIe siècle .

    Je reprends ici quelques précieuses explications fournies par la petite brochure d'Isabelle Grosjean ((Notre Dame de Mailhat , un chemin vers l'éternité ) qui est concise très intéressante pour comprendre  non seulement cet édifice , mais l'esprit de l'art roman en général .

     J'ai donc opéré une petite sélection .

    Au Moyen-Âge , si les moines étaient très instruits , le peuple était  souvent illettré et c'est dans les églises qu'il accédait à l'instruction religieuse par l'intermédiaire des lectures faites aux  offices et des sermons et par l'observation  des peintures , des vitraux et aussi des sculptures qu'on a parfois qualifiées de "Bible de pierre".

    La lutte entre le Bien et le Mal est un des thèmes essentiels au Moyen Âge .

     

    Lorsque le chrétien s'apprêtait à entrer dans l'église ,il recevait déjà les messages des sculptures du portail . En voici quelques unes :

     

     

    Femme nue allaitant 2 serpents entrecroisés ..Elle évoque l'abandon déréglé aux plaisirs charnels .

     

     

    Traditionnellement c'est le péché d'avarice qui est ainsi représenté mais ici , on peu douter de cette signification .C'est un moine dont la bure recouvre une cotte de maille, donc un combattant  qui prend soin de son bien tout en étant actif et généreux , peut-être le seigneur de Bensat  réputé pour son avarice mais donateur de l'église au prieuré de Sauxillanges à son départ pour la 1ère croisade  -invitation à la charité ?

     

     

    L'Eglise , communauté des chrétiens est souvent comparée à un garde-fou qui empêche de tomber dans l'erreur et qui protège des attaques du Malin 

     

     

    Quand on fait le tour de l'église ,l'attention est attirée par les 27 modillons , ces pierres sculptées placées à intervalles réguliers sous la corniche , qui délivrent aussi leur message . On passe de modillons décoratifs et abstraits à des représentations animales puis à des visages humains à mesure qu'on s'approche du porche d'entrée .

     

     

    Le singe en rut , image de l'homme dégradé par la luxure et la malice...

     

     

    Adam croquant le fruit défendu ?

     

     

    L'homme est animé par le souffle de Dieu .

     

     

    A l'intérieur , les chapiteaux poursuivent la tâche d'enseignement et d'édification .

     

     

    Pour les pèlerins en route pour Compostelle .

     

     

    La colombe envoyée par Noé pour vérifier que les eaux se sont retirées et que la végétation a repris:annonce d'une vie qui renaît , du salut .

     

     

    La colonne représente l'Arbre de Vie , instrument de la rédemption .

    Les deux hommes du chapiteau du milieu sont nus , l'un est moustachu l'autre est barbu .Ce sont des hommes de la Chute , leur nudité révèle leur fragilité , ils sont courbés mais l'un d'eux se redresse et regarde devant lui .Il parvient à échapper à son humanité.

    Sur le chapiteau suivant , cet homme a les pieds un peu décollés du socle , des ailes lui ont poussé .Il s'est élevé à force d'ascèse et de prières .

     

     

     

     

    Il a échappé au démon tentateur ici représenté par les sirènes .

     

     

    La chouette , animal ailé, est symbole de spiritualité et de sagesse.Dévorant le crapaud , elle illustre le triomphe du Bien sur le Mal

     

     

    Identifié au Christ , l'aigle exprime à la fois son ascension et sa royauté .

     


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