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    La Rencontre des Trois Morts et des 3 Vifs est un thème qui s'est popularisé aux 14ème et 15ème siècles .

    Il en existe des versions littéraires, comme le Dit de Nicolas de Margival (fin 13ème siècle) , dont la morale s'énonce ainsi ; "Menons la vie qui plaît à Dieu , gardons-nous d'aller en enfer , sachons que la mort nous saisira aussi et prions N-D , à l'heure de la mort , d'être près de son fils ."

    On est là beaucoup plus proche des Pensées de Blaise Pascal , que du simple "Carpe diem " !

    On a dénombré en France 93 représentations de ce thème sous forme de peintures murales . Elles varient légèrement avec le temps .

    Au départ , les vivants étaient à pied , puis ce furent des cavaliers , riches seigneurs accompagnés de chiens et de faucons , équipage qui souligne  la toute-puissance de la mort , qui sera là pour le puissant comme pour le manant .

    La croix sépare les deux groupes .

    Voici une version de ce thème dans la Collégiale Sainte Victoire et Sainte-Couronne à Ennezat ( 63 ) qui date de 1420 .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut , une inscription indique le nom du donateur et la date .

    En bas , un poème de 6 quatrains explicite  l'oeuvre .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut à gauche on distingue un château...

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    En haut à gauche , la cabane qui sert de sépulture aux trois morts.

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

     

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    L'ambiance est peint avec beaucoup de vigueur : les chevaux se cabrent ,  le faucon s'est envolé ,  effrayé , les chiens montrent les crocs ou se sauvent ; le lapin est transi d'effroi ...

     

     

    Les Trois Morts et les 3 Vifs .

    L'élégant  cavalier le plus poche de l'apparition a un geste de recul...

     


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    La Vierge à l'Oiseau (RIom 63 )

     

     

    Les Riomois sont très attachés à cette statue du XIVème siècle qu'on peut voir à l'église du Marthuret et qu'ils avaient  réussi à préserver des vandales lors de la Terreur (c'est la corporation des bouchers qui l'avait mise  en lieu sûr !)

    En pierre polychrome , est probablement l'oeuvre d'un artiste de l'entourage de Jean de Berry ( qui avait reçu Riom en apanage et y avait fait construire un château dont il ne reste que la chapelle ) . 

    Mais  la légende raconte que c'est un prisonnier qui l'avait sculptée au cours de sa longue détention pour tromper le temps  en attendant son exécution . Lorsque ce jour funeste arriva , elle n'était pas encore terminée mais elle était déjà si belle qu'on lui accorda un délai pour finir de la sculpter . Et il se trouve que  pendant ce délai  on découvrit le véritable coupable et que l'artiste  échappa à la mort !

     

     

     

     

     

     

     

    Ce thème de la Vierge à l'Oiseau est tiré d'une légende relatée par un évangile apocryphe .

    L'enfant Jésus jouait à façonner des oiseaux avec de la glaise et lorsqu'il soufflait dessus , ils s'envolaient ...L'un d'eux se posa sur l'épaule de la Vierge Jésus voulut l'attraper et l'oiseau  lui saisit le doigt avec son bec ce qui fit sourire  sa mère qui savait très bien que l'oiseau ne lui ferait aucun mal ...

     

     

     

     

    Une  copie de la statue se trouve aussi à l'entrée de l'église .

     

     

    La Vierge à l'Oiseau (RIom 63 )

     

     

     

     

     


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  • Chapiteaux mystérieux .

     

     

    L'église romane du petit village agricole de Biollet , situé dans les Combrailles  (Nord-ouest du Puy-de-Dôme ) est toute simple et cependant il est très intéressant d'en pousser la porte ...

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

     

     

     

    Romane ,elle est du XIème siècle et  a conservé de très curieux chapiteaux qui n'ont pas livré leurs secrets . On pense qu'il s'agit d'une assimilation de divinités païennes  (celtiques ) par le Christianisme .

    La tribu gauloise des Cambovices , voisine des célèbres Arvernes , a été longtemps oubliée des colonisateurs romains , d'où une permanence des cultes celtes .

     

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

     

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

    Chapiteaux mystérieux .

    S'agit-il du dieu celte Sucellos , dont le nom signifie " frappeur" , représenté avec à la main un maillet à deux têtes (il a le pouvoir de tuer et de

    ressusciter ),  portant la barbe et  vêtu à la Gauloise d'une longue blouse serrée à la taille et de braies ? En tout cas , il est soigneusement encadré d'ecclésiastiques .

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    Chapiteaux mystérieux .

    Personnage chevauchant une tête coupée sur laquelle il pose la main et voisinant avec un ecclésiastique levant la main en signe d'acclamation .Hypothèse : ce ne serait plus"  Malheur au vaincu " mais l'inverse : la tête arrachée à la mort pourrait être celle d'un élu .

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

     

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

     

    Chapiteaux mystérieux .

    Accolade et (ou?) danse... 

     

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

     

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

    On voit pas mal d'animaux sur ces chapiteaux : dualité homme/bête ? 

     

     

    Chapiteaux mystérieux .

    Encore des têtes coupées ." La tradition celtique considérait le crâne comme le foyer central de l'esprit. En lui résidaient la force et la valeur guerrière de l'adversaire . En conservant la tête coupée de son ennemi , le Celte se garantissait toute cette force propre à sa personne ." ( Source :Symboles païens et inscriptions runiques ) .

    Sans doute le catholicisme a -t-il profondément modifié ces  croyance par  les notions de rédemption et de résurrection .

     

     ♥♥♥

     

    J'ignorais que dans  cette commune , au Bost , se trouve depuis une vingtaine d'années  une des plus importants monastères bouddhistes d'Europe ,Dhagpo Kundreul Ling et son temple de Mille Bouddhas ...

     


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    Nous avions déjà vu l'église et le prieuré de Saint -Hilaire-la-Croix  ( ici ) mais pas l'intérieur de l'église qui , hors saison touristique était fermée .

    J'y suis retournée cet été et  j'ai pu satisfaire ma curiosité ...

    J'avais en mains  un petit fascicule d'un historien local ,Jean Passat , membre des Amis du Prieuré , qui invite à voir dans les sculptures des chapiteaux non pas une simple décoration mais l'expression de tout un symbolisme .

     Voici quelques exemples :

     

    Les bêtes .

     

     

    Deux animaux dressés prennent un humain à la gorge et passent leur langue sur ses oreilles . Jean Passat y voit un homme empêché de diffuser la parole divine par la tentation forte de céder à la facilité .

     

     

    Aigles buvant dans une coupe .

     

     

    Dans l'art roman les aigles ont une connotation positive .La symétrie suggère le thème de l'équilibre et on remarque au-dessus de chacun d'eux un personnage qui met quelque chose dans la coupe : est-ce la meilleure part de lui-même ?

     

     

    Le choix .

      

     

     

    Un homme est assailli et tenu par deux personnages. Ceci figurerait l'homme dévoré par ses passions , dont les sollicitations de la chair sous les traits d'un centaure au visage de femme , et d'autres passions coupables , symbolisées par l'autre centaure dont la brutalité se renforce  d'une armure . On voit de part et d'autre une fleur ( marche vers la lumière ?) et un masque humain à l'expression souffrante (au purgatoire ?)

     

     

    La danseuse .

     

     

    C'est le chapiteau le plus célèbre de l'église . Un musicien joue de la viole , une  danseuse est représentée au moment où elle a le corps renversé .

    Sur le tailloir on voit une ondulation que Jean Passat interprète comme le symbole de l'eau du baptème , qui est  conversion ,  retournement et liesse .

     

    Les autres chapiteaux et culs de lampe sont interprété dans le même esprit  . Jean Passat le dit lui-même : "Existe-t-il un symbolisme roman en dehors des chapiteaux historiés où chacun s'accorde rapidement sur le thème représenté ?...Il faut être un doux rêveur ou un poète attardé et vouloir s'éloigner de tout rationalisme pour prétendre donner une signification porteuse de message à tous ces feuillages , masques et animaux qui peuplent les chapiteaux des églises romanes . Et pourtant ..."

    J'avoue ne pas avoir une culture en matière de religion et d'histoire de l'art suffisamment pointue pour juger mais je trouve qu'une telle réflexion ajoute beaucoup d' intérêt à la visite .

     

    On ne peut quitter cette église sans admirer la belle statue en pierre polychrome du XVIème siècle de Sainte-Madeleine .

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Le petit village de Grandeyrolles ( 63 ) se situe à 3 km de Montaigut - le - Blanc qui escalade gaillardement la pente  vers  son château  , dans un environnement plutôt escarpé où il fait bon faire de belles  randonnées pédestres jalonnées de ravins et de promontoires

     

     

     

      

     

    Nous sommes là dans ce que les géographes appellent " les pays coupés ", entre la Limagne et laChaîne des Puys .

    L'église Saint-Loup ,d'architecture romane ,en dépit de son grand âge - elle date de la fin du XIème siècle - veille encore sur la soixantaine d'habitants  de Grandeyrolles .

     

     

     

     

     

    Une petite église de campagne .

     

     

     

     

     

    Le  clocher à peigne , le  beau toit de lauzes dominent un vaste paysage...

     

     

    Une petite église de campagne .

     

     

     

    Une petite église de campagne .

     


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    Les villages auxquels sont attachés des légendes sont attirants  et  il est plaisant de fureter pour en découvrir ...

     Saint-Hilaire -la-Croix (63) , dans les Combrailles , est un de ceux-là .

    Il s'appelle ainsi par déformation au cours des siècles de son  véritable nom : Saint-Hilaire -Lac -Rouge , devenu Lac Roy , puis La Croix 

    Le lac non loin duquel se dressent le   prieuré et son église est alimenté par un ruisseau  qui ,raconte-t-on , au moment des invasions des Huns vit se dérouler à ses abords une sanglante bataille entre chrétiens conduits par Saint Hilaire et barbares  , si violentes que les eaux charrièrent des flots de sang qui colorèrent  de rouge  ses eaux en contrebas .

     

     

     

    De fait , un document en latin datant de 1128 décrit ainsi la fondation du prieuré :"Il y avait un lieu appelé Lacus Rubei -Lac Rouge - à cause qu'autrefois les voleurs y tuaient beaucoup de chrétiens et rougissaient ce lieu de leur sang.Pour empescher ces meurtres et volleries qui se faisaient en ce lieu , deux hommes de piété y firent bâtir un hospital pour soulager les pauvres et s'y retirèrent ."

    Par la suite , deux prêtres vinrent séjourner dans cet hôpital pour vivre éloignés du monde et bâtir une chapelle en l'honneur de Sainte Madeleine.

    Au XIIème siècle des donations pieuses affluèrent , le prieuré se développa , une église fut construite , encore agrandie au début du XIIIème siècle .

    Je vous passerai l'histoire de ce prieuré  : il se maintint jusqu'à la Révolution qui mit fin à son existence .

     

     

     

     Le portail Nord est remarquable :deux piliers cannelés  , six colonnes , deux piliers engagés , le tout  surmonté de chapiteaux ; tympan polylobé .

     

     

    Même les espaces entre les arcs ( écoinçons ) ont été sculptés de têtes d'animaux aujourd'hui érodées .

     

     

    L'archivolte est sculpté de palmettes et de sept personnages . 

     

     

    Un être bizarre et ricanant saisit des rinceaux .

     

     

    On peut remarquer  les grandes goules , monstres avaleurs de colonnes ( d'où l'appellation "colonnes engoulées " ) qui encadrent la porte . 

     

     

     Ces goules ( personnages mythiques qui s'attaquaient aux voyageurs et donc aux pèlerins ) pourraient figurer les dangers qui guettent chaque fidèle qui a son rôle à jouer en tant que pilier de l'institution ecclésiastique mais s'il n'y prend pas garde , il peut cacher un monstre dangereux pour lui et pour les autres.

     

    D'autres monstres sont là pour figurer les tentations malines .

    Deux basilics ,  créatures diaboliques au corps de coqs et à queue de serpent ,nés de l'oeuf...d'un coq et couvés par un crapaud , ont été vomis par des masques qui tirent la langue : probablement figuration de la parole dont il faut se méfier car ce peut être la meilleure comme la pire des choses !

     

     

    Sirènes ailées . Résister à leur séduction n'est pas chose aisée .

     

     

    Dragons crachant des rinceaux..

     

     

     

     

    La porte sud  offre un tout autre décor .

     

    La scène représente le repas de Jésus chez Simon le Pharisien .Marie-Madeleine est allongée au pied de la table et tient les pieds de Jésus dans ses mains .On remarque la naïveté charmante de la scène (manque de perspective .)

    Dans le prolongement du prieuré se trouvent les bâtiments de vie collective des religieux , modifiés à de nombreuse reprises au cours des siècles .

     

     

     

     

    Sous son grand toit en tuiles , ce bâtiment abrite maintenant la mairie .

     

     

    Les dépendances . 

     

    L'intérieur de l'église se visite à la belle saison .


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