Aujourd'hui , une fois n'est pas coutume , ce sera une petite anecdote .
Elle m'est revenue à l'esprit devant un casque de coiffeur que quelqu'un , fan de tout ce qui est vintage , projetait de transformer en lampadaire .
Nous venions d'emménager dans une petite ville au bord du Léman .
Moi qui n'avais toujours eu les cheveux longs , l'idée m'a prise de les faire couper . Jusque là , j'allais pas le moins possible chez le coiffeur , je me débrouillais toute seule .
Je n'avais encore personne pour garder mon fils qui avait quatre ans et je l'ai emmené avec moi .
Il était plutôt vif et turbulent mais cette fois , sans doute impressionné par la grandeur du salon , les odeurs , la rangée de casque dernier cri et l'exquise politesse du coiffeur qui régnait sur des employées stylées , il est allé s'asseoir près d'une petite table où étaient soigneusement empilés des catalogues de coiffures plus sophistiquées et laquées les unes que les autres .
Le sacrifice de mes cheveux a duré un moment , d'autant que le coiffeur m'avait conseillé au vu le leur longueur et de leur abondance , de les couper avec soin et d'en faire faire un postiche . J'avais accepté , ce qui a déclenché l'hilarité vengeresse de mon mari quand je le lui ai raconté . Il trouvait grotesque de se faire couper les cheveux pour se les remettre ensuite sur le crâne à grand renfort d'épingles - ce que je n'ai jamais bien réussi d'ailleurs , il n'avait pas tort !
Pendant ce suspens , mon fils était resté très sage mais au bout d'un moment il s'est mis à éternuer . D'abord sporadiquement , puis de plus en plus . Le coiffeur compatissant lui donna un Kleenex .
Je pensais à une allergie qui allait passer une fois que nous serions rentrés à la maison .
Mais il n'en fut rien , il éternuait de plus belle et ses yeux larmoyaient .
Commençant à m'inquiéter , je décidais de le moucher moi-même , une narine après l'autre et j'eus la surprise de voir apparaître à l'entrée de sa narine quelque chose de bleu ...Je tirai le plus doucement possible à l'aide d'une pince à épiler et je retirai un morceau de la couverture plastifiée d'un des catalogues qu'il avait regardés .
Ce morceau lui était resté entre les doigts et comme c'était le plein été et qu'il n'avait pas de poche pour le cacher , impressionné par le coiffeur et ne voyant pas de corbeille à papiers salvatrice, mortifié de sa maladresse , il l'avait caché le mieux possible , après l'avoir roulé sur lui-même , dans son nez , croyant qu'il le récupérerait sans peine quand il n'y aurait plus de témoins !
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