L'autre jour , en regardant les colverts se ruer en se battant sur les croûtons de pain qui leur étaient lancés en rafales, une question m'est revenue à l'esprit : pourquoi appelle-t-on péjorativement "canard" un journal ? Je crois que j'ai trouvé !
Ils sont bien différents , ces canards , quand on les laisse tranquilles et qu'ils mènent à leur guise la vie pour laquelle la nature les a conçus !
Le dégel avait gagné du terrain sur les lacs .
Les colverts tout pimpants exploraient avec délice les eaux libres .
A la zone verte d'Aydat , il n'y avait que quelques couples isolés qui fouillaient avec un plaisir évident la couche épaisse d'écume amoncelée par endroits sur les eaux .
Plus proche du lac , on se contait fleurette : Monsieur et Madame face à face quelques instants entamaient l'un et l'autre une gymnastique du cou , prometteusement symétrique et hop ! Sans plus de façons ...carré blanc !
Après , chacun apparemment fier et satisfait , s'ébrouait ...
Au lac Chambon , l'ambiance était différente .
Il restait encore beaucoup de glace et la petite société des colverts se répartissait en plusieurs groupes .
Ceux -les plus nombreux - qui barbotaient goulûment dans les eaux boueuses avec de petites exclamations de plaisir .
Ceux qui prenaient un bain de soleil sur la glace .
Ceux qui faisaient du patin en couple...
Et ceux qui , avertis Dieu sait comment d'une urgence subite , s'envolaient , solitaires , dans un grand éclat de voix vers la rive d'en face ...
Le jour déclinait , tout était serein ...