Hier le vent était tombé et il faisait presque doux . Dans le petit chemin qui mène à l'étang , deux mésanges à longue queue se poursuivaient , rapides comme l'éclair , d'un arbre à l'autre .
Le soleil sur les feuilles mortes parfumait l'air de tabac blond , d' ambre et de cuir ...
Tout était paisible , presque joyeux ...
Arrivée en vue d'un pré où résident d'habitude , en toute tranquillité , deux vieux chevaux inséparables , je les cherchais machinalement du regard .
Il n'y en avait qu'un , mais une bâche banche , inhabituelle , attirait le regard ...
Un peu plus loin , j'appris que l'un des deux chevaux était mort dans la nuit .
Ceux qui , la veille , étaient passé par là l'avaient vu couché .Il remuait les oreilles et semblait se reposer en se chauffant au soleil ...
Le lendemain matin , il était à la même place et ne bougeait plus ...
Un cheval angoisse-t-il en sentant venir la mort ?
Celui-ci aura peut-être eu une longue agonie : la présence d'un maître aimant l'aurait-elle apaisé ? Aurait-on pu lui éviter de souffrir ?
La nuit froide de février aura emporté ses secrets ...
Tous ceux qui fréquentent habituellement ce chemin se sentaient tristes ...
La conformation des lieux fait qu'on ne pouvait pas l'approcher mais , avec son compagnon , il mettait de la vie dans ce paysage . J'aimais les entendre , sentir leur odeur et les imaginer heureux d'exister , tout simplement. Inexplicablement , c'était communicatif ...
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