Vous allez penser que j'ai des préoccupations débiles et qu'actuellement il y a des sujets beaucoup plus graves .
Mais je trouve que le minuscule détail de la vie quotidienne provinciale que je viens de voir très symbolique de notre époque de trémolos en choeur mais non suivis d'effet quand il est question de la protection de la nature , entre autres !
Voici l'endroit -peu esthétique , et c'est une litote , où on pouvait encore voir des papillons sur le territoire de la commune. Un grand chardon implanté là depuis de années faisait leur régal et celui d'autres insectes , dès qu'il commençait à fleurir et c'était un signe positif .
Le petit chemin le long duquel pousse ce chardon est trop loin du village pour que des enfants s'y aventurent seuls : on ne rencontre là que quelques sportifs qui prennent soin de leur corps ou des cyclistes ou de paisibles promeneurs . Au bout de ce chemin on découvre un bras mort de l'Allier, retourné à l'état sauvage et très impacté par la sécheresse .
Ce matin je venais voir ma paisible guêpe poliste et les progrès de son nid .
Moritura ...
Mais ce que j'avais prévu s'était produit dès hier , donc bien plus tôt que prévu .
On a commencé à faucher , sur une surface restreinte - pour l'instant , la machine est toujours à l'oeuvre - mais on s'en est pris immédiatement et avec hargne , au chardon dont on a décapité tout ce qui allait fleurir sous peu , et on a estourbi le nid . Le chardon qui n'avait jamais été aussi sain est méconnaissable et hideux .
Voilà , maintenant il ne reste que la laideur mais le sacro-saint principe de précaution a été appliqué !
Et je suppose que la prise de décision n'a pas été cornélienne !