J'avais rencontré ce coléoptère en mai près d'un minuscule filet d'eau dans un sous-bois clair .Et il avait disparu trop vite pourque je le photographie correctement .Dommage pour son identification précise .Je n'en ai pas observé depuis .
Je suis sûre qu'il s'agit d'un méloé et après avoir hésité, je pencherais pour le méloé violet plutôt que pour le meloe proscarabaeus , plus noir .
Tous deux ont les élytres très courts qui laissent l'abdomen à découvert et mesurent une trentaine de mm de long .Le mâle est plus petit .
Le méloe est un insecte étonnant .
- Il doit son existence en tant qu'imago (insecte adulte ) à la réussite d'un processus très complexe - et très aléatoire . Mais la nature s'amuse à faire compliqué !
La femelle fécondée pond plusieurs jours de suite des milliers d'oeufs ( d'où son gros ventre ! ) dans la terre , en petit tas .Quand ces oeufs éclosent , il en sortit des triongulins ,toutes petites larves allongées de premier stade dont les tarses portent 3 griffes forme de trident . Le triongulin va monter sur des fleurs où il attendra l'abeille solitaire à la pilosité de laquelle il s'accrochera solidement pour se faire transporter ainsi jusqu'à son nid . Pour l'attirer il émet un composé chimique spécifique (des études vont paraître en 2026 à ce sujet : s'agirait-il d'un mimétisme avec la plante ? ) C'est une aventure pour le triongulin qui s'accroche un peu à l'aveuglette et il y a beaucoup de pertes .On comprend donc que des milliers d'oeufs soient pondus , il faut prévoir large ! Une fois sur l'abeille ad hoc , il est transporté incognito jusqu'au nid où il se laissera tomber dans une cellule et là il va d'abord manger l'oeuf puis se nourrir du " pain d'abeille ", mélange de miel et de nectar prévu pour nourrir la larve de l'hyménoptère ; tranquillement installé et sédentaire dans la cellule fermée , il va subir plusieurs mues jusqu'à sa nymphose et pour finir ce qui sortira de la cellule , ce n'est pas une abeille , mais un méloé !
Adulte , le méloé est phytophage .
- Autre particularité : lorsqu'il est importuné il émet par la bouche et les articulations de ses pattes une substance défensive qui contient de la cantharidine , dangereuse pour la peau puisqu'elle provoque des brûlures et des cloques , et surtout pour les reins . Le méloé peut être nuisible au bétail .