Au jardin en ce moment , on a l'impression qu'il n'y a plus d'insectes : personne sur le buddleia qui termine sa floraison sans la visite du moindre papillon ; rien sur les hibiscus fanés qui faisaient les délices des gendarmes , pas une guêpe poliste ne vient faire sa provision d'eau sur l'eau des bacs qui récupèrent les eaux de pluie des larmiers , pas une abeille au coeur de la bignone qui fleurit encore , pas même une mouche sur les feuilles de magnolia où les autres années elles se faisaient belles .
Et soudain , surprise , à l'intérieur de la maison , contre une baie vitrée , un papillon qui tente désespérément de sortir en battant des ailes à une vitesse folle et dans un bruit de papier froissé ...
La tentation était forte de l'attraper avec précaution et de le placer quelque part , le temps de le photographier : le seau à biscuits de ma grand-mère , placé sur une feuille de papier blanc , me parut la prison idéale...
Et une passoire à thé au maillage souple me servit de filet à papillons. Tout d'abord , prudent , le captif fit le mort ...
Puis il sentit sans doute qu'il n'était pas en danger et décida de se mettre en posture d'examiner les lieux , ce qui me permit de l'admirer
La photo faite , je suis sortie délivrer cette jolie petite tortue ( aglais urticae ) et la restituer à la nature dans l'espoir que le sort lui soit favorable : si tout va bien , elle hibernera...Elle vole de mars à octobre en générations successives puis se réfugie dans une grange ou un autre bâtiment non chauffé , pour nous revenir au printemps .